| lundi 05/01/2004 | |
Commentaire de Khair Aissa, Beijing / Chine. Il étudie les arts martiaux traditionnels depuis cinq ans après avoir vécu un an au Japon auprès d'un grand maître aujourd'hui décédé.
Je voudrais vous apporter une réflexion personnelle, car votre sujet : « Ne peut-on apprendre le véritable aïkido que d'un Shihan japonais ? » est très importante.
À la question d'un journaliste d'une grande radio française venu à Beijing il y a deux mois à peine : « Ne peut-on espérer un jour voir les étrangers dépasser les Chinois en Wushu comme ils ont pu le faire avec le "Judo" Japonais ? », je répondis que lorsque l'on enseigne quelque chose que l'on ne maîtrise pas vraiment, on prend le risque de se faire dépasser.
Ce qui arriva avec le judo car il a un système de compétition et donc de sanction, contrairement à l'aïkido qui se cache derrière cette non-compétition inérante à l'art martial traditionnel. Cela n'arrivera pas avec les Chinois car les arts martiaux japonais découlent directement de la Chine et les Chinois n'ont jamais réellement enseigné aux japonais pour des raisons forts simples que je vous laisse imaginer.
Ainsi, j'ai toujours
considéré le Japonais comme l'égal de l'occidental désireux de pénétrer les secrets des arts martiaux ; ce qu'il n'a jamais réussi à faire complètement car l'art martial reste secret de par définition.
Si je réagis à
votre question, c'est que je pense qu'il est temps pour nous occidentaux de faire notre propre culture martiale qui existe déjà à travers la « boxe anglaise », « la savate », « l'escrime », etc... Nous avons nos « Héros »: « Roland », « Lagardère », etc. et nous devons évoluer car l'art n'est point figé mais doit progresser. Nous pouvons le faire honnêtement en nous entraînant honnêtement et avec une grande liberté d'esprit ce que les Japonais ont dès le début verrouillé chez l'élève occidental. Je n'aspire pas à être professeur comme beaucoup le sont déjà mais seulement à montrer une vérité et pour ce faire je me dois d'être fort dans ma pratique comme dans mes propos ; toutefois, je n'attends rien en retour car je suis ma propre voie. |
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