Horst Schwickerath Si depuis des lustres la France peut se présenter comme un pays de Cocagne pour le judo, les aïkidokas français n'ont aucune raison d'avoir des complexes. Bien au contraire, ils peuvent se targuer du fait que c'est via la France que les premiers maîtres japonais d'aïkido ont «conquis» l'Europe, et ce en un temps où l'aïkido en était encore à ses débuts. A l'époque déjà., quelques judokas frustrés par le développement sportif de leur discipline étaient à la recherche d'une autre «voie». Ce «do» fut introduit en France entre autre par Me Tadashi Abe. Nombre de vétérans qui l'ont connu en sont aujourd'hui encore émerveillés. Mais il n'a pas été le seul à transmettre le virus de l'aïkido en France. La liste de ceux qui ont travaillé à y établir l'aïkido est longue. Me Tamura, qui continue à enseigner dans l'Europe entière, a contribué de manière décisive à labourer ce sol. Mais il ne faut pas oublier tous les autres pionniers infatigables qui se sont dévoués à la tâche de nous transmettre l'aïkido.

Depuis lors, divers groupes se sont établis et dans toute l'Europe il y a une multitude de fédérations, petites, moyennes ou grandes. En France on assiste à la naissance d'une géante - au chagrin des uns et à la joie des autres.

Jusqu'à ce jour, l'Allemagne pouvait se targuer de posséder, avec Aïkidojournal, «le premier magazine indépendant d'Aïkido». Ce premier numéro de notre édition française est pour nous le pas initial vers la création d'une tribune similaire en France.

A la fin des années 80, il y avait en Allemagne un magazine qui s'appelait Der Kreis (Le Cercle). Malheureusement il dut suspendre sa publication après environ quatre ans. Der Kreis était un périodique très intéressant qui exprimait les multiples aspects et facettes de l'aïkido. L'idée m'était alors venue d'en publier une version française. Une idée des plus téméraires qui échoua sur les écueils de ma maîtrise alors rudimentaire de la langue française et du manque de temps. Comment aurais-je pu mener à bien une entreprise journalistique et linguistique aussi ambitieuse, alors que je devais remettre en état et agrandir mon nouveau domicile à Beaumont, en Ardèche.

Ainsi cette idée se mis d'elle-même en veilleuse, pendant que je maniais interminablement pierres et sacs de ciment. Et comme agriculteur je devais aussi m'occuper des vaches, des moutons et des chèvres (et combattre les sangliers) afin de fournir un peu d'humus au sol pierreux où poussaient mes fruits et mes légumes. Sans parler de ce que je devais, comme père, à une joyeuse escouade de quatre enfants.

En 1995, dans le tréfonds de ma tête, l'idée commença à nouveau à manifester sa présence. Entre temps je m'étais procuré un ordinateur dont à ma grande satisfaction mon aîné, alors âgé de 13 ans, jouait déjà en virtuose. Petit à petit l'idée prenait forme. Il fallait créer une tribune où les pratiquants puissent s'exprimer...

L'idée prit assez vite forme et substance et ainsi est né Aïkidojournal, un trimestriel de langue allemande qui a des abonnés non seulement en Allemagne, Autriche et Suisse, mais aussi au Japon et aux Amériques.

Indépendant, et ne disposant donc pas de grands moyens, notre magazine ne pourra jamais satisfaire toutes les attentes, toutes les exigences. Mais il y a une mission qu'il est à même de remplir justement parce qu'il est indépendant : donner aux pratiquants une tribune, un forum où ils puissent s'exprimer et donner ouvertement leur avis. Mais nous voulons aussi, à côté des nouvelles des clubs, d'articles sur les stages ou des entretiens, «parler» de la culture et du monde asiatique.

De 1982 à 1984 je préparais progressivement mon départ d'Allemagne. C'est alors, en 1983, que j'ai fais la connaissance à Wiesbaden d'un Parisien. Pratiquant venu du jiu-jitsu, il se débattait alors avec l'aïkido. Aujourd'hui ce Parisien qui habite toujours à Wiesbaden, Henry Liberman, m'aide à mettre en forme les textes destinés au magazine français. Je veux ici le remercier chaleureusement de sa collaboration.

Pour ce qui est de la mise en page et du graphisme, c'est ma compagne, Regula Kunz, rédactrice et publicitaire, de Berme qui s'en occupe.

Notre webmestre, mon fils Jean-Pierre, a installé une banque de données qui permettra à chacun d'annoncer des stages, annonces qui par ailleurs seront régulièrement (et gratuitement) publiées dans le magazine. En plus il y a une banque de donnée pour les dojos où chacun pourra inscrire le sein. Les pratiquants allemands disposent depuis des années, sur notre site Internet, d'un forum que je modère. Sur le même site il y a depuis quelques années une liste de discussion où l'on discute quotidiennement d'aïkido, de Dieu, du monde et de beaucoup d'autres choses encore... On peut même y commander Aïkidojournal ! Rien ne s'oppose à ce qu'un site français semblable voie le jour. Il ne manque que l'accord du webmestre...

Il me reste à vous demander de nous communiquer toute bourde, toute erreur que nous pourrions avoir commise, ainsi que toute critique constructive (à redaction@aikidojournal.fr). Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons publier un Aïkidojournal qui soit à la hauteur de vos exigences.

Nous vous remercions pour vos correspondances, vos articles et vos reportages, et toute lettre de lecteur sera la bienvenue. Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir et de détente à la lecture de ce premier numéro du Aïkidojournal français.

Votre rédacteur
Horst Schwickerath

P.-S. : Venez nous rendre visite sur http://www.aikidojournal.fr. Les germanophones peuvent aussi aller voir sur http://www.aikidojournal.de. (il suffit de cliquer sur le lien... ;-)
P.-P.-S. : Ce premier numéro d'Aikidojournal n'a que 40 pages. Nous comptons passer à 48 pages dès que notre publication aura atteint sa vitesse de croisière.